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Monument à la mémoire de Charles Péguy (Villeroy – 77 – Seine-et-Marne)


Monument Charles Péguy à Villeroy
Le monument à la mémoire de Charles Péguy tué lors de la bataille de la Marne, le 5 septembre 1914 – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos du monument …

Initialement située à proximité de la « Grande tombe de Villeroy », la croix commémorant la mort de Charles Péguy fut déplacée en 1992 sur la commune de Villeroy, d’où parti l’attaque du 5ème bataillon du 276ème Régiment d’Infanterie, le 5 septembre 1914, premier jour de la bataille de la Marne.

En ce lieu se déroulent chaque année au mois de septembre des cérémonies en mémoire des soldats français tombés en 1914.

Depuis ma visite en 2008, un panneau historique a été installé sur le site.


Détails de l'inscription du monument Charles Péguy à Villeroy
Détails de l’inscription gravée sur la croix du monument Charles Péguy – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Plaque apposée sur la table d'orientation du monument Charles Péguy à Villeroy
Plaque apposée sur la table d’orientation du monument Charles Péguy – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur la plaque est gravée un poème de Charles Péguy :

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, / Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. / Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre. / Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle. / Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles. / Couchés dessus le sol à la face de Dieu… / Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu, / Et les pauvres honneurs des maisons paternelles … / Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés / Dans la première argile et la première terre. / Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. / Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. ».


Détails d'une partie de la table d'orientation du monument Charles Péguy à Villeroy
Détails d’une partie de la table d’orientation du monument Charles Péguy – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Légende de la table d'orientation du monument Charles Péguy à Villeroy
Légende de la table d’orientation du monument Charles Péguy – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Pour vous rendre sur le site …

Le Monument à la mémoire de Charles Péguy se situe sur la commune de Villeroy, au croisement de la D27 et de la D129, non loin de la Grande tombe à Chauconin-Neufmontiers où fut enterré le poète. Vous pouvez stationner gratuitement devant le monument.

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La Clairière et le Musée de l’Armistice (Compiègne – 60 – Oise)

Quelques photos du lieu …

A propos de la Clairière …

C’est en ces lieux sur la commune de Compiègne que fut signé le 11 novembre 1918 l’armistice qui mettait fin à la plus grande guerre de l’histoire.

La clairière n’existait pas mais seulement une futaie cachée aux vues aériennes de l’ennemi.

Les deux voies qui la traversaient, venaient d’un épi de tir relié à la gare de Rethondes et utilisé pour des pièces d’artillerie lourde à grande portée.

Sur l’une, fut amené le 8 novembre 1918 à l’aube, le train dans lequel les plénipotentiaires allemands , venus de La Capelle par la route, avaient pris place à Tergnier.

Sur l’autre, le train qui servait derrière les lignes de poste de commandement au Maréchal Foch.

Mieux que son quartier général, le calme de la forêt semblait assurer le recueillement propice à une telle rencontre.

La clairière fut aménagée et inaugurée en 1922 et le wagon installé en 1927, dans un abri musée jusqu’en juin 1940.

Au même emplacement qu’en 1918, le wagon accueillit les délégations allemande et française pour la signature de l’armistice le 22 juin 1940 mettant fin à la campagne de France.

A la fin du second conflit mondial (1939-1945) la clairière, les monuments et le musée furent remis en l’état de façon à perpétuer le souvenir de ce haut lieu historique.


Un char Renault FT 17 de 1918 dans la clairière de l'Armistice
Un char Renault FT 17 de 1918 exposé en extérieur juste devant l’entrée du musée de la Clairière de l’Armistice – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Char Renault FT 17 …

Devant l’entrée du musée de la Clairière de l’Armistice, on peut admirer un magnifique char Renault FT 17 de 1918. Sur une plaque apposée sur le socle surlquel repose le char, on peut lire l’inscription suivante :

1918 / CHAR RENAULT FT 17 / CAMP D’ENTRAINEMENT à CHAMPLIEU (60) / PREMIER ENGAGEMENT / 31 MAI 1918 / PLOISY – CHAZELLES – CHAUDUN (02) ».

Informations pratiques …

Adresse : Musée de l’Armistice – Route de Soissons – 60200 Compiègne

Téléphone et Fax : 03.44.85.14.18

Email : wagon.armistice@wanadoo.fr

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La statue du maréchal Foch dans la Clairière de l’Armistice (Compiègne – 60 – Oise)


La statue du maréchal Foch dans la Clairière de l'Armistice à Compiègne
La statue du maréchal Foch dans la Clairière de l’Armistice à Compiègne – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos de la statue …

La statue du maréchal Foch est l’oeuvre de Firmin Michelet, sculpteur et artiste graveur, né le 20 septembre 1875 à Tarbes, commune dans laquelle il est décédé le 14 octobre 1951.

Cette oeuvre en pierre fut inaugurée en 1937, elle rend hommage à l’un des principaux artisans de la victoire des alliés et décédé huit ans plus tôt à Paris, le 20 mars 1929.


Vue rapprochée de la statue du maréchal Foch à Compiègne
Vue rapprochée de la statue du maréchal Foch à Compiègne – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sources …

Clairière de l’Armistice (fr.wikipedia.org)

Livre(s) sur le maréchal Foch …

Foch, chef de guerre, livre en français, Elizabeth Greenhalgh, Editions Talladier, 681 pages, 2013.
Livre disponible sur le site Amazon.fr.

Foch, livre en français, Jean-Christophe Notin, Editions Perrin, 648 pages, 2008.
Livre disponible sur le site Amazon.fr.

Liens utiles …

Ferdinand Foch sur le site « fr.wikipedia.org »

Firmin Michelet sur le site « fr.wikipedia.org »

Pour vous rendre sur le site …

La statue du maréchal Foch se situe dans la forêt de Compiègne, dans la clairière de l’Armistice.

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Le monument à l’armée française libératrice de l’Alsace-Lorraine (Compiègne – 60 – Oise)


Le monument à l'armée française libératrice de l'Alsace-Lorraine à Compiègne
Le monument à l’armée française libératrice de l’Alsace-Lorraine à Compiègne – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos du monument …

Le monument à l’armée française libératrice de l’Alsace-Lorraine est également appelé le monument « du Matin » ou encore « des Alsaciens-Lorrains ». Erigé en 1922 par le ferronnier d’art Edgar Brandt (1880-1960), il fut offert par le quotidien parisien « Le Matin » grâce à une souscription émise par le journal.
Le monument fut édifié au niveau de l’ancien carrefour forestier du Francport. Oeuvre en grès des Vosges, elle représente « l’aigle germanique » abattu par « le glaive français » pointé sur lui.


Plan rapproché du monument à l'armée française libératrice de l'Alsace-Lorraine à Compiègne
Plan rapproché du monument à l’armée française libératrice de l’Alsace-Lorraine – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Carte postale ancienne du monument du "Matin" dans la forêt de Compiègne
Carte postale ancienne du monument du « Matin » dans la forêt de Compiègne

Sur le monument on peut lire les inscriptions suivantes :

11 novembre / 1918 / 1914 / 1918 / Aux héroïques soldats de France / défenseurs de la patrie et du droit / Glorieux lébérateurs de l’Alsace et de la Lorraine ».


Le monument du matin photographié depuis la clairière de l'Armistice
Le monument « du matin » en arrière-plan photographié depuis la clairière de l’Armistice – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sources …

La clairière de l’armistice – Le monument du Matin (www.14-18.oise.fr)

Liens utiles …

Edgar Brandt sur le site « fr.wikipedia.org »

Pour vous rendre sur le site …

Le Monument à l’armée française libératrice de l’Alsace-Lorraine se situe dans la forêt de Compiègne, en bordure de la D546 entre Rethondes et Compiègne. Il fait face à l’allée principale de la clairière de l’Armistice.

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Le Monument à la mémoire des Gardes des Eaux et Forêts (Compiègne – 60 – Oise)


Le monument à la mémoire des Gardes Forestiers de la forêt de Compiègne
Le Monument à la mémoire des Gardes des Eaux et Forêts à Compiègne – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos du monument …

Ce monument fut inauguré le 4 novembre 1920 et initialement érigé au carrefour du capitaine Rollin (anciennement carrefour du Chêne Vert) dans la Forêt de Compiègne sur l’actuelle D130 (Route des Vineux), à proximité de la Maison Forestière des Vineux (Route du Mont des Cornouilliers). En 1995, le monument fut nettoyé et déplacé au bout de l’allée Triomphale de la clairière de l’Armistice de Compiègne, à environ 150 mètres de la majestueuse statue du Maréchal Foch.


Détails du monument à la mémoire des Gardes des Eaux et Forêts de Compiègne
Détails du monument à la mémoire des Gardes des Eaux et Forêts de Compiègne – (Source : By Namarie (Own work) – septembre 2012 [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons).

Depuis mon passage en 2008 et comme nous le voyons sur cette photographie du site commons.wikimedia.org, le monument est de nouveau orné des médailles de la « Légion d’Honneur et de la « Croix de guerre ».

Sur le devant du monument, on peut lire l’inscription suivante :

A / La / Mémoire / de Mr le Garde Gal des Eaux et Forêts / Rolin / Capitaine au 121e Régt d’INFie / Tombé glorieusement / Le 4 mai 1918 / Devant Bailleul Nord / Des Gardes Forestiers / Olivier / Ss Lt au 54e R.I. / Disparu le 26 avril 1915 / au combat de la tranchée de Calonne / Brangé / de la 6e Cie de CHrs Ftiers / Mort pour la France le 5 Avril 1915 / Sous Verdun – Bois de la Grurie ».

(Il s’agit du « Bois de la Gruerie » à Vienne-le-Château que les soldats français appelèrent « le bois de la Tuerie »)

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Le monument de la Croix Brisée à Nouvron-Vingré (02-Aisne)


Le monument de la Croix Brisée à Nouvron-Vingré
Le monument de la Croix Brisée à Nouvron-Vingré sur le plateau de Confrécourt – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos du monument de la Croix Brisée …

Jean, marquis de Croix, fit ériger en 1929 cette Croix Brisée portant la devise familiale, symbole du calvaire vécu par tous les combattants de la 1ère Guerre mondiale sur le plateau de Confrécourt : « la croix est tombée, le Christ est vivant ».


Vue rapprochée du monument de la Croix Brisée
Vue rapprochée du monument de la Croix Brisée – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Panneau touristique à proximité du monument de la Croix Brisée
Panneau touristique à proximité du monument de la Croix Brisée – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le 13 septembre 1914, après la victoire de la Marne, les troupes françaises traversent l’Aisne et montent à l’assaut du plateau. Elles n’atteindront ce lieu qu’après 10 jours de terribles combats.

Français et Allemands, ne pouvant percer, vont s’enterrer. Ce sera la guerre des tranchées. Les Carrières et la ferme de Confrécourt, à quelques centaines de mètres de la 1ère ligne, serviront de casernement aux troupes françaises.


Photographie montrant la 1ère ligne française sur le plateau de Confrécourt
Photographie de la 1ère ligne française sur le plateau de Confrécourt.

La défense héroïque du plateau de Confrécourt en juin 1918 stoppera l’offensive allemande. Le 20 août, il sera définitivement libéré, événement rappelé par la borne du sculpteur Moreau-Vauthier : « Ici fut repoussé l’envahisseur ».


Cantonnement français dans les carrières de Confrécourt et au pied de l'ancienne ferme
Cantonnement français dans les carrières de Confrécourt et au pied de l’ancienne ferme (aujourd’hui détruite).

Pour vous rendre sur le site …

Pour se rendre sur le site du monument de la Croix Brisée, il faut prendre la D2020 reliant Nouvron-Vingré à Vingré. Une fois à Confrécourt, il faut prendre la rue de la Croix Brisée.

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Monument à la mémoire des six fusillés de Vingré, exécutés le 4 décembre 1914 (02 – Aisne)

Quelques photos du lieu …

L’affaire de Vingré …

Art. 6.- Les jugements par les conseils de guerre spéciaux ne sont susceptibles ni de recours en révision, ni de pourvoi en cassation.

« ne pas hésiter à faire usage des conseils de guerre spéciaux. […] Il importe en effet que la procédure soit expéditive, pour qu’une répression immédiate donne, par d’exemples salutaires, l’efficacité à attendre d’une juridiction d’exception. » (Note du général de Villaret, datée du 20 octobre 1914)

Le 27 novembre 1914, le 298ème régiment d’infanterie avait pris position devant le village de Vingré, dans l’Aisne. Lors d’une attaque, les Allemands enlèvent un poste de 1ère ligne et font prisonnier la dizaine d’hommes qui l’occupaient. Deux autres escouades, menacées, refluent vers l’abri du chef de section, le sous-lieutenant Paulaud, qui donne l’ordre de repli. Le commandant de compagnie, le lieutenant Paupier, reproche au sous-lieutenant Paulaud d’avoir abandonné son poste et lui ordonne de ramener ses hommes en première ligne. Au cours de l’enquête, ce dernier tait son ordre de repli.
Le général de Villaret, commandant le Corps d’Armée, décida de faire un exemple : il avait d’abord parlé de fusiller les deux escouades qui avaient exécuté le repli ; à la suite d’interventions de divers officiers, la décimation fut réduite à six hommes et des ordres furent donnés en conséquance à la Cour Martilae. La Cour les désigna au hasard : Le caporal Floch, les soldats Gay, Pettelet, Quinaud, Blanchard et Durantet.

Journal de Marche et des Opérations du 298ème régiment d’infanterie.

« 27 novembre.
Vingré – A 16 heures, l’artillerie allemande démolit une partie des tranchées de la Maison détruite. La 1/2 section qui l’occupait est obligée de se retirer dans les boyaux. Après les bombardements, lorsquelle veut retourner dans la tranchée elle la trouve occupée par la patrouille allemande qu’elle délogea immédiatement et put reprendre ses emplacements.
Pertes : 5 blessés, 9 disparus. »

« 3 décembre.
Vingré – A 17 heures réunion du Conseil de Guerre spécial du 298ème sous la présidence du lieutenant colonel Pinoteau. Juges : MM le lieutenant Diot et l’adjudant Pothonnier. L’avocat désigné est M. le lieutenant Bodé; la séance est terminée à 19h30 ; 6 des accusés prévenus d’abandon de poste en présence de l’ennemi ; le caporal Floch, les soldats Petelet, Gay, Quinault, Blanchard et Durantet sont comdamnés à la peine de mort, les autres sont acquittés.
Pertes : 2 blessés. »

« 4 décembre.
Vingré – L’exécution des six condamnés à mort a lieu à 7h30, à 200 mètres à l’ouest du calvaire de Vingré, situé à l’embranchement des deux chemins allant à Nouvron. Assistent à la parade d’exécution : les 4 compagnies de réserve du 298ème ; 2 compagnies du 216ème et une compagnie du 238ème. Les troupes sont commandées par le lieutenant colonel Pinoteau. Les condamnés qui ont passé la nuit dans la prison du poste de police sont amenés à 7h30 par un piquet de 50 hommes et fusillés. Après l’exécution qui se passe sans incident, les troupes défilent devant les cadavres et rentrent dans leur cantonnement.
La nuit est employée à l’aménagement des tranchées, principalement à la pose des créneaux.
Pertes : 6 morts, 2 blessés. »


La cave qui servit de prison aux 6 condamnés
La cave qui servit de prison aux 6 condamnés et dans laquel ils passèrent leur dernière nuit avant d’être fusillés le lendemain matin à 7h30 – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le 298ème R.I. …

Le 298ème R.I. est formé de deux bataillons du 98ème R.I., stationnés à Roanne. Il fait partie de la 63ème division de réserve.

Le 11 août 1914, il quitte Roanne pour le front d’Alsace. Il franchit le 14 août la frontière dans la région de Thann et Cernay.
Le régiment participe à la victoire de la Marne du 6 au 10 septembre 1914. Il se couvre de gloire le 7 septembre à la ferme de Nogeons en prenant le drapeau du 36ème Régiment de Fusilliers allemand. Pour ce fait d’arme, le drapeau du régiment sera décoré de la légion d’honneur à Ambleny le 11 novembre 1914.

Dès le 12 septembre, le régiment passe l’Aisne à Fontenoy pour se retrancher sur le plateau de Confrécourt devant Vingré. Il y restera toute la fin de l’année 1914 et participera à des offensives meurtrières devant Nouvron. Les pertes sont considérables. Parmi celles-ci, deux personnalités : Jean Giraudoux (sergent au 298ème R.I.), blessé à l’aine le 16 septembre en défendant une entrée du village de Vingré et le capitaine Joseph Déchelette, célèbre archéologue, tué le 3 octobre en entraînant ses hommes sur le plateau de Berry.
Le soldat Jean Dumont note dans son journal en date du 20 octobre que son régiment, le 298ème, a perdu plus de mille deux cents hommes sur deux mille.


Portraits des six fusillés de Vingré
Portraits des six fusillés de Vingré : Pierre Gay, Henri Floch, Claude Pettelet, Francisque Durantet, Jean Quinault et Jean Blanchard – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le procès …

Le sous-lieutenant Bodé, chargé de la défense des accusés, témoigne :
« 3 décembre. On m’apprit que le conseil de guerre se tiendrait vers 17 heures et que j’étais désigné pour la défense des 24 accusés. Il était 15 heures environ lorsque les dossiers me furent remis, je les parcourus en hâte puis je me rendis auprè des accusés avec lesquels je n’eus que quelques minutes d’entretien. A 17 heures, le conseil entrait en séance. Les accusés répétèrent les déclarations qu’ils avaient déjà faites. Puis je suppliais le conseil de ne pas retenir l’accusation d’abandon de psote en présence de l’ennemi. »

Un lieutenant, Achalme, en qualité de commissaire du gouvernement requit contre les 24 accusés la peine de mort.

Le jugement est vite rendu. On dit aux accusés « placez-vous comme vous étiez dans la tranchée ». Puis on ordonna « les six premiers, sortez » et on leur apprit qu’ils étaient condamnés à mort.


Le lieu de l'exécution des six soldats condamnés
Photographie du lieu où furent exécutés les six soldats condamnés – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

L’exécution …

Abbé Dubourg, aumonier militaire du groupe B :
« J’étais à 7h avec un de mes confrères auprès des six malheureux qui allaient mourir. Ils étaient tous les six ensemble dans une petite cave qui leur servait de prison. C’est là que je vis votre mari. Il se confessa admirablement…
Puis nous avons quitté la petite cave et nous nous sommes acheminés vers le lieu de l’exécution… »

J. B. Grousson de St-Etienne, 238ème régiment d’infanterie :
« Avec Jules, je fais partie du peleton qui les encadre, baïonnette au canon, pour les mener au lieu d’exécution où le régiment est réuni. Les aumôniers leur parlent et les embrassent, on leur lie les mains qu’on attache ensuite à un poteau. On leur bande les yeux, l’adjudant Delmotte qui commande le peloton d’exécution abaisse son sabre ; 72 fusils partent à la fois et les 6 martyrs tombent sans un cri. Un sous-officier vient leur donner le coup de grâce… »

Jean Dumont du 238ème régiment d’infanterie :
« Ensuite toutes les compagnies ont défilé devant les cadavres renversés au pied des poteaux. Quel spectacle horrible ! Je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Moi et les autres. Tous, officiers, sous-officiers et soldats étaient atterés. »

C. Lafloque du 298ème régiment d’infanterie :
« A ce moment, le commandement du 5ème bataillon paradant, s’avance vers le lieutenant commandant la 19ème compagnie, baissant la tête et ayant des larmes, il lui dit : « P…, relevez la tête ». La compagnie rentra à son cantonnement dans une grotte de Vingré. Le silence régna toute la journée. Nous étions les grands muets forcés d’obéir à des officiers qui s’étaient solidarisés pour éviter leur responsabilité, en faisant retomber toutes les fautes sur les soldats. »

Sergent Grenier du 298ème régiment d’infanterie :
« C’est honteux, honteux, et c’est pour nous donner une leçon, nous remonter le moral, nous donner du courage. Pour le moment on ne peut rien dire, mais quand je pourrai parler, je dirai ce que j’ai sur le coeur et puisque nous n’avons pas pu sauver leur vie, nous sauverons leur honneur.


Le monument des fusillés de Vingré après-guerre
Le monument des fusillés de Vingré après-guerre – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

La réhabilitation …

Arrêt de la Cour de Cassation
(Journal officiel du 18 février 1921)

«Attendu que le sous-lieutenant Paulaud… peut-être considéré comme ayant été un des principaux témoins de l’accusation», qu’au moment de la panique «le chef de section, sous-lieutenant Paulaud, sorti de son abri voisin, leur avait donné l’ordre de se replier sur la tranchée de résistance ; que cet officier était parti lui-même précipitamment et l’un des premiers dans cette direction».

«Attendu que le lieutenant Paupier, qui commandait la compagnie et se trouvait dans la tranchée de résistance a déclaré qu’en effet le sous-lieutenant Paulaud était arrivé l’un des premiers au moment de la panique de cette tranchée…
«Attendu qu’il importe de constater que le sous-lieutenant Paulaud lui-même a exprimé sa conviction de l’innocence des condamnés, quelques instants après leur exécution, et qu’il a affirmé à nouveau cette conviction à diverses reprises dans ces dernières dépositions.

«Pour ces motifs :
«CASSE et ANNULE le jugement du Conseil de Guerre spécial de la 53ème division d’infanterie, en date du 3 décembre 1914, qui a confirmé le caporal Floch, les soldats Gay, Pettelet, Quinault, Blanchard et Durantet à la peine de mort.

«Décharge leur mémoire de cette condamnation.»


Une autre vue du monument des fusillés de Vingré
Une autre vue du monument des fusillés de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

L’inauguration …

Intervention de M. Floch, frère d’un fusillé :
«Mesdames, Messieurs, mes chers camarades,
[…] En présence de cette imposante manifestation, comment pourrais-je rester, moi frère du caporal Floch sans venir vous témoigner ma reconnaissance ?
Au nom de toutes les familles, je vous dis un profond merci. Vous comprendrez, j’en suis certain, l’émotion qui m’étreint, après tant de souffrances morales, que nous n’osons plus penser au passé sans que l’angoisse nous monte à la gorge.
Songez un instant à ce que fut pour nous cette guerre, atroce. D’autres à nos côtés connaissaient aussi des deuils douloureux, ils les pouvaient du moins porter avec fierté, tandis que nous […]
Pendant des années entières nous avons vécu dans cette atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée car nous savions nous, qu’ils étaient innocents ces martyrs de Vingré […] De tout notre cœur, de toute notre piété, nous remercions ceux qui ont vengé la mémoire des infortunés poilus du 298ème. […] C’est grâce à leurs efforts que nos familles peuvent à présent marcher la tête haute, c’est grâce aux anciens du 298ème que ce monument expiatoire a pu être élevé. A tous, aux souscripteurs, nous disons merci […] Le 3 février 1922 nous venions en ce coin de terre de Vingré reconnaître nos morts. Je me souviendrai toujours la part prise à notre peine par les habitants.
Et maintenant, toi mon frère, vous, mes camarades infortunés du 298ème qui en ce soir de décembre nous faisiez vos adieux, en hâte l’ame en peine. Vous qui, d’une main déjà glacée, écriviez encore votre protestation d’innocence à l’heure ou le peloton fatal se réunissait […]
Vous n’êtes plus à présent les fusillés de Vingré, vous en êtes les martyrs, vous en êtes les héros.
Comme vos camarades, vous êtes tombés au Champ d’honneur et c’est le même drapeau qui vous sert de linceul. »

Quatrain lu par Antoinette Floch (Madame Barthélemy) le 5 avril 1925, jour de l’inauguration du monument des fusillés à Vingré :
«Là-bas sur leur calvaire, il faut construire un Temple
où nous irons draper la pourpre de leur sang.
Ils sont morts sans comprendre, ils sont morts pour l’exemple,
Et l’exemple est divin quand on est innocent.»


Le monument des fusillés de Vingré vu de face
Le monument des fusillés de Vingré vu de face – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le monument des fusillés de Vingré comporte plusieurs plaques commémoratives, sur celle apposée sur son socle, on peut lire l’inscription suivante :

Hommage des A.C du 298e R.I. / à la mémoire de leurs camarades / morts innocents / victimes de l’exemple ».


Vue rapprochée de la plaque commémorative principale du monument des fusillés de Vingré
Vue rapprochée de la plaque commémorative principale du monument des fusillés de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur la plaque commémorative principale placée au centre du monument, on peut lire l’inscription suivante :

Dans ce champ / sont tombés / glorieusement / le caporal Floch / les soldats / Blanchard, Durantet, Gay, Pettelet et Quinault / du 298e R.I. / FUSILLES / le 4 décembre 1914 / réhabilités solennellement / par la Cour de Cassation / le 29 janvier 1921″.


Plaque commémorative en souvenir de Claude Pettelet apposée sur le mur d'une maison de Vingré
En sa mémoire, une photographie de Claude Pettelet ainsi que sa dernière lettre adressée à sa femme et à ses parents ont été apposées sur le mur d’une maison de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Depuis 1999, non loin du lieu de l’exécution et en leur souvenir, les portraits et les dernières lettres des six fusillés du 4 décembre 1914 ont été apposés sur six maisons de Vingré.

Pour vous rendre sur le site …

Le Monument de Vingré est situé sur en bordure de la rue des vignes (D138) qui relie Berry à Nouvron en passant par Vingré. Vous pouvez stationner votre véhicule devant le monument. La cave dans laquelle les six condamnés passèrent leur dernière nuit est située en face du monument des fusillés.

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Monument à la mémoire de Gaston de Gironde et du 16ème Dragons (Vivières – 02 – Aisne)


Le monument à la mémoire de Gaston de Gironde à Vivières
Le monument à la mémoire de Gaston de Gironde et du 16ème Dragons à Vivières – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos de Gaston de Gironde …

Né le 3 avril 1873 à Ferrensac (Lot-et-Garonne) dans une famille d’ancienne et haute noblesse, le comte Eugène Marie Laurent Gaston de Gironde est issu de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

À la mobilisation de 1914, le lieutenant Gaston de Gironde commande le 2e escadron du 16e Dragons de la 5e division de cavalerie du général de Cornullier-Lucinière. Il a pour adjoint les lieutenants Henri de Kérillis, de Villelume, Gaudin de Villaine et Ronin. Son escadron a reçu pour ordre de marcher en pointe et de s’enfoncer dans la forêt de Villers-Cotterêts. Le 9 septembre 1914 au soir, il se trouve à quelques kilomètres au sud-ouest de Soissons, à une quinzaine de Pierrefonds, non loin d’un village appelé Mortefontaine dans la ferme de Vaubéron.

L’escadron est encerclé et pourchassé par les troupes allemandes. À 22h, un paysan signale aux dragons français la présence d’une escadrille de huit avions allemands Aviatiks stationnés pour la nuit à environ un kilomètre. Gironde ordonne l’assaut et, à 1h30, les 40 cavaliers chargent les avions allemands.

Gaudin de Villaine est tué par un tir de mitrailleuse installée sur une automobile, tandis que Gironde est mortellement blessé par cette même mitrailleuse, Le chef d’escadrille allemand est également tué lors de l’assaut et Kérillis gravement blessé, mais les huit Aviatiks sont détruits. Du côté français, il y a 27 survivants dont 8 blessés.

Ramassé par deux de ses cavaliers, le lieutenant de Gironde est transporté à l’ambulance allemande installée dans le château de Vivières (Aisne), propriété de l’écrivain Henry Bataille. Il y succombe deux heures plus tard le 10 septembre.

Ce combat mineur est resté dans les mémoires pour sa symbolique : le baroud d’honneur de l’arme du passé, la cavalerie, contre l’aviation, fer de lance des armées modernes.

(Source : article tiré du site fr.wikipedia.org)


Photographie montrant le monument en juillet 2013
Photographie montrant le monument en juillet 2013, le site a été modifié et amélioré depuis mon passage en mai 2008 – (Photo © 2013 Google).

Plaque commémorative à la mémoire de Gaston de Gironde
Plaque commémorative à la mémoire de Gaston de Gironde – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur la plaque commémorative faisant face à la route, on peut lire l’inscription suivante :

A la mémoire de / Gaston de Gironde / Lieutenant au 16ème Regt de Dragons /
Tombé ici en preux / comme il le méritait / Commandant un escadron envoyé en / reconnaissance au milieu des lignes / allemandes fit dans la nuit du 10 sep. 1914 / une attaque héroïque contre un convoi / d’aéroplanes qu’il détruisit – citation à l’armée. »


Plaque commémorative à la mémoire de officiers et cavaliers du 16ème Dragons
Plaque commémorative à la mémoire de officiers et cavaliers du 16ème Dragons tués lors de l’engagement du 9 septembre 1914 – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur une seconde plaque commémorative apposée sur le monument, on peut lire l’inscription suivante :

Officiers et Cavaliers / du 16ème Régiment de Dragons / Morts pour la France / au combat de Vivières / 10 septembre 1914. / – / De Gironde -Lieutenant / Gaudin de Villaine – Sous-Lieutenant / – / Crety – Brigadier / Porte – Brigadier / Joussemet – 2ème classe / Liverneaux – 2ème classe / Potet – 2ème classe /Neveux – 2ème classe / Petit – 2ème classe / Chaudorge – 2ème classe /Chiffoleau – 2ème classe / Cossenet – 2ème classe / Dudit – 2ème classe. »


Citation gravée sur le monument à la mémoire de Gaston de Gironde à Vivières
Citation gravée sur le monument à la mémoire de Gaston de Gironde à Vivières – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur une troisième plaque commémorative, on peut lire un paragraphe de la Chanson de Roland :

Il était pareil à son épée, / comme elle, droit, doux fort et brillant. /
Il avait la trempe / du / soldat chrétien. »

Pour vous rendre sur le site …

Le Monument à la mémoire de Gaston de Gironde se situe en bordure de la D81 en quittant Vivières pour prendre la direction de Montigny-Lengrain. Vous avez la possibilité de stationner votre véhicule juste devant le monument.

Le corps du lieutenant Gaston de Gironde repose dans le cimetière communal de Vivières.