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Borne Vauthier n°1 (Château-Thierry – 02 – Aisne)


La borne Vauthier de Château-Thierry
La borne Vauthier n°1 de Château-Thierry – (Photo © 2017 Eric Le Maître).

A propos de la borne Vauthier …

« Ici fut repoussé l’envahisseur, 18 juillet 1918 ». Cette date marque le début de l’offensive Mangin. Château-Thierry est la première ville libérée grâce à cette manoeuvre. C’est pourquoi le Touring Club de France choisi Château-Thierry pour inaugurer la première borne en 1921.


Vue du profil droit de la borne Vauthier à Château-Thierry
Vue de 3/4 avant droit de la borne Vauthier à Château-Thierry – (Photo © 2017 Eric Le Maître).

Les bornes réalisées par le sculpteur et ancien combattant de la Grande Guerre Paul Moreau-Vauthier (1871-1936) marquent la ligne de front telle qu’elle se présentait le 18 juillet 1918, de la Mer du Nord à la frontière suisse : environ 700 kilomètres, 97 bornes en France et 22 en Belgique.

Dans l’Aisne, nous en comptons une dizaine dont seules cinq environ subsistent ; les autres onté été détruites durant la seconde guerre mondiale.


Vue de 3/4 arrière droit de la borne Vauthier à Château-Thierry
Vue de 3/4 arrière droit de la borne Vauthier à Château-Thierry – (Photo © 2017 Eric Le Maître).

Pupitre historique de la borne Vauthier de Château-Thierry
Pupitre historique de la borne Vauthier à Château-Thierry – (Photo © 2017 Eric Le Maître).

« La ville de Château-Thierry aura dans l’histoire de la guerre un rôle presque aussi glorieux que Verdun. Verdun a marqué la borne où l’attaque allemande est venue se briser. Château-Thierry, après avoir marqué le terme de l’effort allemand au « Chemin des Dames », a été le point de départ de la victorieuse offensive ».
Citation des généraux Degoutte et Mangin.

Pour vous rendre sur le site …

La borne Vauthier de Château-Thierry se situe au bord de la marne, au niveau du rond-point faisant la jonction entre l’avenue de Soissons et l’avenue Jules lefebvre, en face du palais de Justice. Il y a de nombreux parkings à proximité de la borne Vauthier, vous n’aurez donc pas trop de problème pour garer votre véhicule.

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Le cimetière militaire temporaire de Vingré (02 – Aisne)


Le cimetière militaire temporaire de Vingré
Le cimetière militaire temporaire de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos du cimetière …

Cet ancien cimetière provisoire, qui comporte encore aujourd’hui une poignée de pierres tombales d’époque, a notamment recueilli la dépouille de celui que l’on surnommait « le père de l’archéologie française », Joseph Déchelette. Capitaine au 298ème régiment d’infanterie, il est tué deux mois après le début des hostilités, le 3 octobre 1914. Son corps repose à présent dans la nécropole nationale du Bois-Roger à Ambleny (02) et son nom est inscrit au Panthéon, parmi les 560 écrivains morts pour la France pendant la Grande Guerre.

Depuis mon passage en 2008, les pierres tombales ont été nettoyées et restaurées. Sur le même site, un nouveau monument a été également inauguré en 2014 à la mémoire de Jean-Baptiste Marchand, lieutenant au 216ème régiment d’infanterie, blessé mortellement en défendant une tranchée près de la ferme de Confrécourt, le 20 septembre 1914.


Les restes de pierres tombales du cimetière militaire temporaire de Vingré
Les restes de pierres tombales du cimetière militaire temporaire de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sources …

Joseph Déchelette (fr.wikipedia.org)

Le cimetière temporaire Grande Guerre de Vingré (www.tourisme-villers-cotterets.fr)

Pour vous rendre sur le site …

Le cimetière militaire provisoire de Vingré se situe en bordure de la D138 à la sortie Nord du hameau de Vingré.

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Le monument de la Croix Brisée à Nouvron-Vingré (02-Aisne)


Le monument de la Croix Brisée à Nouvron-Vingré
Le monument de la Croix Brisée à Nouvron-Vingré sur le plateau de Confrécourt – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos du monument de la Croix Brisée …

Jean, marquis de Croix, fit ériger en 1929 cette Croix Brisée portant la devise familiale, symbole du calvaire vécu par tous les combattants de la 1ère Guerre mondiale sur le plateau de Confrécourt : « la croix est tombée, le Christ est vivant ».


Vue rapprochée du monument de la Croix Brisée
Vue rapprochée du monument de la Croix Brisée – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Panneau touristique à proximité du monument de la Croix Brisée
Panneau touristique à proximité du monument de la Croix Brisée – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le 13 septembre 1914, après la victoire de la Marne, les troupes françaises traversent l’Aisne et montent à l’assaut du plateau. Elles n’atteindront ce lieu qu’après 10 jours de terribles combats.

Français et Allemands, ne pouvant percer, vont s’enterrer. Ce sera la guerre des tranchées. Les Carrières et la ferme de Confrécourt, à quelques centaines de mètres de la 1ère ligne, serviront de casernement aux troupes françaises.


Photographie montrant la 1ère ligne française sur le plateau de Confrécourt
Photographie de la 1ère ligne française sur le plateau de Confrécourt.

La défense héroïque du plateau de Confrécourt en juin 1918 stoppera l’offensive allemande. Le 20 août, il sera définitivement libéré, événement rappelé par la borne du sculpteur Moreau-Vauthier : « Ici fut repoussé l’envahisseur ».


Cantonnement français dans les carrières de Confrécourt et au pied de l'ancienne ferme
Cantonnement français dans les carrières de Confrécourt et au pied de l’ancienne ferme (aujourd’hui détruite).

Pour vous rendre sur le site …

Pour se rendre sur le site du monument de la Croix Brisée, il faut prendre la D2020 reliant Nouvron-Vingré à Vingré. Une fois à Confrécourt, il faut prendre la rue de la Croix Brisée.

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Monument à la mémoire des six fusillés de Vingré, exécutés le 4 décembre 1914 (02 – Aisne)

Quelques photos du lieu …

L’affaire de Vingré …

Art. 6.- Les jugements par les conseils de guerre spéciaux ne sont susceptibles ni de recours en révision, ni de pourvoi en cassation.

« ne pas hésiter à faire usage des conseils de guerre spéciaux. […] Il importe en effet que la procédure soit expéditive, pour qu’une répression immédiate donne, par d’exemples salutaires, l’efficacité à attendre d’une juridiction d’exception. » (Note du général de Villaret, datée du 20 octobre 1914)

Le 27 novembre 1914, le 298ème régiment d’infanterie avait pris position devant le village de Vingré, dans l’Aisne. Lors d’une attaque, les Allemands enlèvent un poste de 1ère ligne et font prisonnier la dizaine d’hommes qui l’occupaient. Deux autres escouades, menacées, refluent vers l’abri du chef de section, le sous-lieutenant Paulaud, qui donne l’ordre de repli. Le commandant de compagnie, le lieutenant Paupier, reproche au sous-lieutenant Paulaud d’avoir abandonné son poste et lui ordonne de ramener ses hommes en première ligne. Au cours de l’enquête, ce dernier tait son ordre de repli.
Le général de Villaret, commandant le Corps d’Armée, décida de faire un exemple : il avait d’abord parlé de fusiller les deux escouades qui avaient exécuté le repli ; à la suite d’interventions de divers officiers, la décimation fut réduite à six hommes et des ordres furent donnés en conséquance à la Cour Martilae. La Cour les désigna au hasard : Le caporal Floch, les soldats Gay, Pettelet, Quinaud, Blanchard et Durantet.

Journal de Marche et des Opérations du 298ème régiment d’infanterie.

« 27 novembre.
Vingré – A 16 heures, l’artillerie allemande démolit une partie des tranchées de la Maison détruite. La 1/2 section qui l’occupait est obligée de se retirer dans les boyaux. Après les bombardements, lorsquelle veut retourner dans la tranchée elle la trouve occupée par la patrouille allemande qu’elle délogea immédiatement et put reprendre ses emplacements.
Pertes : 5 blessés, 9 disparus. »

« 3 décembre.
Vingré – A 17 heures réunion du Conseil de Guerre spécial du 298ème sous la présidence du lieutenant colonel Pinoteau. Juges : MM le lieutenant Diot et l’adjudant Pothonnier. L’avocat désigné est M. le lieutenant Bodé; la séance est terminée à 19h30 ; 6 des accusés prévenus d’abandon de poste en présence de l’ennemi ; le caporal Floch, les soldats Petelet, Gay, Quinault, Blanchard et Durantet sont comdamnés à la peine de mort, les autres sont acquittés.
Pertes : 2 blessés. »

« 4 décembre.
Vingré – L’exécution des six condamnés à mort a lieu à 7h30, à 200 mètres à l’ouest du calvaire de Vingré, situé à l’embranchement des deux chemins allant à Nouvron. Assistent à la parade d’exécution : les 4 compagnies de réserve du 298ème ; 2 compagnies du 216ème et une compagnie du 238ème. Les troupes sont commandées par le lieutenant colonel Pinoteau. Les condamnés qui ont passé la nuit dans la prison du poste de police sont amenés à 7h30 par un piquet de 50 hommes et fusillés. Après l’exécution qui se passe sans incident, les troupes défilent devant les cadavres et rentrent dans leur cantonnement.
La nuit est employée à l’aménagement des tranchées, principalement à la pose des créneaux.
Pertes : 6 morts, 2 blessés. »


La cave qui servit de prison aux 6 condamnés
La cave qui servit de prison aux 6 condamnés et dans laquel ils passèrent leur dernière nuit avant d’être fusillés le lendemain matin à 7h30 – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le 298ème R.I. …

Le 298ème R.I. est formé de deux bataillons du 98ème R.I., stationnés à Roanne. Il fait partie de la 63ème division de réserve.

Le 11 août 1914, il quitte Roanne pour le front d’Alsace. Il franchit le 14 août la frontière dans la région de Thann et Cernay.
Le régiment participe à la victoire de la Marne du 6 au 10 septembre 1914. Il se couvre de gloire le 7 septembre à la ferme de Nogeons en prenant le drapeau du 36ème Régiment de Fusilliers allemand. Pour ce fait d’arme, le drapeau du régiment sera décoré de la légion d’honneur à Ambleny le 11 novembre 1914.

Dès le 12 septembre, le régiment passe l’Aisne à Fontenoy pour se retrancher sur le plateau de Confrécourt devant Vingré. Il y restera toute la fin de l’année 1914 et participera à des offensives meurtrières devant Nouvron. Les pertes sont considérables. Parmi celles-ci, deux personnalités : Jean Giraudoux (sergent au 298ème R.I.), blessé à l’aine le 16 septembre en défendant une entrée du village de Vingré et le capitaine Joseph Déchelette, célèbre archéologue, tué le 3 octobre en entraînant ses hommes sur le plateau de Berry.
Le soldat Jean Dumont note dans son journal en date du 20 octobre que son régiment, le 298ème, a perdu plus de mille deux cents hommes sur deux mille.


Portraits des six fusillés de Vingré
Portraits des six fusillés de Vingré : Pierre Gay, Henri Floch, Claude Pettelet, Francisque Durantet, Jean Quinault et Jean Blanchard – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le procès …

Le sous-lieutenant Bodé, chargé de la défense des accusés, témoigne :
« 3 décembre. On m’apprit que le conseil de guerre se tiendrait vers 17 heures et que j’étais désigné pour la défense des 24 accusés. Il était 15 heures environ lorsque les dossiers me furent remis, je les parcourus en hâte puis je me rendis auprè des accusés avec lesquels je n’eus que quelques minutes d’entretien. A 17 heures, le conseil entrait en séance. Les accusés répétèrent les déclarations qu’ils avaient déjà faites. Puis je suppliais le conseil de ne pas retenir l’accusation d’abandon de psote en présence de l’ennemi. »

Un lieutenant, Achalme, en qualité de commissaire du gouvernement requit contre les 24 accusés la peine de mort.

Le jugement est vite rendu. On dit aux accusés « placez-vous comme vous étiez dans la tranchée ». Puis on ordonna « les six premiers, sortez » et on leur apprit qu’ils étaient condamnés à mort.


Le lieu de l'exécution des six soldats condamnés
Photographie du lieu où furent exécutés les six soldats condamnés – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

L’exécution …

Abbé Dubourg, aumonier militaire du groupe B :
« J’étais à 7h avec un de mes confrères auprès des six malheureux qui allaient mourir. Ils étaient tous les six ensemble dans une petite cave qui leur servait de prison. C’est là que je vis votre mari. Il se confessa admirablement…
Puis nous avons quitté la petite cave et nous nous sommes acheminés vers le lieu de l’exécution… »

J. B. Grousson de St-Etienne, 238ème régiment d’infanterie :
« Avec Jules, je fais partie du peleton qui les encadre, baïonnette au canon, pour les mener au lieu d’exécution où le régiment est réuni. Les aumôniers leur parlent et les embrassent, on leur lie les mains qu’on attache ensuite à un poteau. On leur bande les yeux, l’adjudant Delmotte qui commande le peloton d’exécution abaisse son sabre ; 72 fusils partent à la fois et les 6 martyrs tombent sans un cri. Un sous-officier vient leur donner le coup de grâce… »

Jean Dumont du 238ème régiment d’infanterie :
« Ensuite toutes les compagnies ont défilé devant les cadavres renversés au pied des poteaux. Quel spectacle horrible ! Je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Moi et les autres. Tous, officiers, sous-officiers et soldats étaient atterés. »

C. Lafloque du 298ème régiment d’infanterie :
« A ce moment, le commandement du 5ème bataillon paradant, s’avance vers le lieutenant commandant la 19ème compagnie, baissant la tête et ayant des larmes, il lui dit : « P…, relevez la tête ». La compagnie rentra à son cantonnement dans une grotte de Vingré. Le silence régna toute la journée. Nous étions les grands muets forcés d’obéir à des officiers qui s’étaient solidarisés pour éviter leur responsabilité, en faisant retomber toutes les fautes sur les soldats. »

Sergent Grenier du 298ème régiment d’infanterie :
« C’est honteux, honteux, et c’est pour nous donner une leçon, nous remonter le moral, nous donner du courage. Pour le moment on ne peut rien dire, mais quand je pourrai parler, je dirai ce que j’ai sur le coeur et puisque nous n’avons pas pu sauver leur vie, nous sauverons leur honneur.


Le monument des fusillés de Vingré après-guerre
Le monument des fusillés de Vingré après-guerre – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

La réhabilitation …

Arrêt de la Cour de Cassation
(Journal officiel du 18 février 1921)

«Attendu que le sous-lieutenant Paulaud… peut-être considéré comme ayant été un des principaux témoins de l’accusation», qu’au moment de la panique «le chef de section, sous-lieutenant Paulaud, sorti de son abri voisin, leur avait donné l’ordre de se replier sur la tranchée de résistance ; que cet officier était parti lui-même précipitamment et l’un des premiers dans cette direction».

«Attendu que le lieutenant Paupier, qui commandait la compagnie et se trouvait dans la tranchée de résistance a déclaré qu’en effet le sous-lieutenant Paulaud était arrivé l’un des premiers au moment de la panique de cette tranchée…
«Attendu qu’il importe de constater que le sous-lieutenant Paulaud lui-même a exprimé sa conviction de l’innocence des condamnés, quelques instants après leur exécution, et qu’il a affirmé à nouveau cette conviction à diverses reprises dans ces dernières dépositions.

«Pour ces motifs :
«CASSE et ANNULE le jugement du Conseil de Guerre spécial de la 53ème division d’infanterie, en date du 3 décembre 1914, qui a confirmé le caporal Floch, les soldats Gay, Pettelet, Quinault, Blanchard et Durantet à la peine de mort.

«Décharge leur mémoire de cette condamnation.»


Une autre vue du monument des fusillés de Vingré
Une autre vue du monument des fusillés de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

L’inauguration …

Intervention de M. Floch, frère d’un fusillé :
«Mesdames, Messieurs, mes chers camarades,
[…] En présence de cette imposante manifestation, comment pourrais-je rester, moi frère du caporal Floch sans venir vous témoigner ma reconnaissance ?
Au nom de toutes les familles, je vous dis un profond merci. Vous comprendrez, j’en suis certain, l’émotion qui m’étreint, après tant de souffrances morales, que nous n’osons plus penser au passé sans que l’angoisse nous monte à la gorge.
Songez un instant à ce que fut pour nous cette guerre, atroce. D’autres à nos côtés connaissaient aussi des deuils douloureux, ils les pouvaient du moins porter avec fierté, tandis que nous […]
Pendant des années entières nous avons vécu dans cette atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée car nous savions nous, qu’ils étaient innocents ces martyrs de Vingré […] De tout notre cœur, de toute notre piété, nous remercions ceux qui ont vengé la mémoire des infortunés poilus du 298ème. […] C’est grâce à leurs efforts que nos familles peuvent à présent marcher la tête haute, c’est grâce aux anciens du 298ème que ce monument expiatoire a pu être élevé. A tous, aux souscripteurs, nous disons merci […] Le 3 février 1922 nous venions en ce coin de terre de Vingré reconnaître nos morts. Je me souviendrai toujours la part prise à notre peine par les habitants.
Et maintenant, toi mon frère, vous, mes camarades infortunés du 298ème qui en ce soir de décembre nous faisiez vos adieux, en hâte l’ame en peine. Vous qui, d’une main déjà glacée, écriviez encore votre protestation d’innocence à l’heure ou le peloton fatal se réunissait […]
Vous n’êtes plus à présent les fusillés de Vingré, vous en êtes les martyrs, vous en êtes les héros.
Comme vos camarades, vous êtes tombés au Champ d’honneur et c’est le même drapeau qui vous sert de linceul. »

Quatrain lu par Antoinette Floch (Madame Barthélemy) le 5 avril 1925, jour de l’inauguration du monument des fusillés à Vingré :
«Là-bas sur leur calvaire, il faut construire un Temple
où nous irons draper la pourpre de leur sang.
Ils sont morts sans comprendre, ils sont morts pour l’exemple,
Et l’exemple est divin quand on est innocent.»


Le monument des fusillés de Vingré vu de face
Le monument des fusillés de Vingré vu de face – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Le monument des fusillés de Vingré comporte plusieurs plaques commémoratives, sur celle apposée sur son socle, on peut lire l’inscription suivante :

Hommage des A.C du 298e R.I. / à la mémoire de leurs camarades / morts innocents / victimes de l’exemple ».


Vue rapprochée de la plaque commémorative principale du monument des fusillés de Vingré
Vue rapprochée de la plaque commémorative principale du monument des fusillés de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur la plaque commémorative principale placée au centre du monument, on peut lire l’inscription suivante :

Dans ce champ / sont tombés / glorieusement / le caporal Floch / les soldats / Blanchard, Durantet, Gay, Pettelet et Quinault / du 298e R.I. / FUSILLES / le 4 décembre 1914 / réhabilités solennellement / par la Cour de Cassation / le 29 janvier 1921″.


Plaque commémorative en souvenir de Claude Pettelet apposée sur le mur d'une maison de Vingré
En sa mémoire, une photographie de Claude Pettelet ainsi que sa dernière lettre adressée à sa femme et à ses parents ont été apposées sur le mur d’une maison de Vingré – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Depuis 1999, non loin du lieu de l’exécution et en leur souvenir, les portraits et les dernières lettres des six fusillés du 4 décembre 1914 ont été apposés sur six maisons de Vingré.

Pour vous rendre sur le site …

Le Monument de Vingré est situé sur en bordure de la rue des vignes (D138) qui relie Berry à Nouvron en passant par Vingré. Vous pouvez stationner votre véhicule devant le monument. La cave dans laquelle les six condamnés passèrent leur dernière nuit est située en face du monument des fusillés.

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Monument à la mémoire de Gaston de Gironde et du 16ème Dragons (Vivières – 02 – Aisne)


Le monument à la mémoire de Gaston de Gironde à Vivières
Le monument à la mémoire de Gaston de Gironde et du 16ème Dragons à Vivières – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A propos de Gaston de Gironde …

Né le 3 avril 1873 à Ferrensac (Lot-et-Garonne) dans une famille d’ancienne et haute noblesse, le comte Eugène Marie Laurent Gaston de Gironde est issu de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

À la mobilisation de 1914, le lieutenant Gaston de Gironde commande le 2e escadron du 16e Dragons de la 5e division de cavalerie du général de Cornullier-Lucinière. Il a pour adjoint les lieutenants Henri de Kérillis, de Villelume, Gaudin de Villaine et Ronin. Son escadron a reçu pour ordre de marcher en pointe et de s’enfoncer dans la forêt de Villers-Cotterêts. Le 9 septembre 1914 au soir, il se trouve à quelques kilomètres au sud-ouest de Soissons, à une quinzaine de Pierrefonds, non loin d’un village appelé Mortefontaine dans la ferme de Vaubéron.

L’escadron est encerclé et pourchassé par les troupes allemandes. À 22h, un paysan signale aux dragons français la présence d’une escadrille de huit avions allemands Aviatiks stationnés pour la nuit à environ un kilomètre. Gironde ordonne l’assaut et, à 1h30, les 40 cavaliers chargent les avions allemands.

Gaudin de Villaine est tué par un tir de mitrailleuse installée sur une automobile, tandis que Gironde est mortellement blessé par cette même mitrailleuse, Le chef d’escadrille allemand est également tué lors de l’assaut et Kérillis gravement blessé, mais les huit Aviatiks sont détruits. Du côté français, il y a 27 survivants dont 8 blessés.

Ramassé par deux de ses cavaliers, le lieutenant de Gironde est transporté à l’ambulance allemande installée dans le château de Vivières (Aisne), propriété de l’écrivain Henry Bataille. Il y succombe deux heures plus tard le 10 septembre.

Ce combat mineur est resté dans les mémoires pour sa symbolique : le baroud d’honneur de l’arme du passé, la cavalerie, contre l’aviation, fer de lance des armées modernes.

(Source : article tiré du site fr.wikipedia.org)


Photographie montrant le monument en juillet 2013
Photographie montrant le monument en juillet 2013, le site a été modifié et amélioré depuis mon passage en mai 2008 – (Photo © 2013 Google).

Plaque commémorative à la mémoire de Gaston de Gironde
Plaque commémorative à la mémoire de Gaston de Gironde – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur la plaque commémorative faisant face à la route, on peut lire l’inscription suivante :

A la mémoire de / Gaston de Gironde / Lieutenant au 16ème Regt de Dragons /
Tombé ici en preux / comme il le méritait / Commandant un escadron envoyé en / reconnaissance au milieu des lignes / allemandes fit dans la nuit du 10 sep. 1914 / une attaque héroïque contre un convoi / d’aéroplanes qu’il détruisit – citation à l’armée. »


Plaque commémorative à la mémoire de officiers et cavaliers du 16ème Dragons
Plaque commémorative à la mémoire de officiers et cavaliers du 16ème Dragons tués lors de l’engagement du 9 septembre 1914 – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur une seconde plaque commémorative apposée sur le monument, on peut lire l’inscription suivante :

Officiers et Cavaliers / du 16ème Régiment de Dragons / Morts pour la France / au combat de Vivières / 10 septembre 1914. / – / De Gironde -Lieutenant / Gaudin de Villaine – Sous-Lieutenant / – / Crety – Brigadier / Porte – Brigadier / Joussemet – 2ème classe / Liverneaux – 2ème classe / Potet – 2ème classe /Neveux – 2ème classe / Petit – 2ème classe / Chaudorge – 2ème classe /Chiffoleau – 2ème classe / Cossenet – 2ème classe / Dudit – 2ème classe. »


Citation gravée sur le monument à la mémoire de Gaston de Gironde à Vivières
Citation gravée sur le monument à la mémoire de Gaston de Gironde à Vivières – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur une troisième plaque commémorative, on peut lire un paragraphe de la Chanson de Roland :

Il était pareil à son épée, / comme elle, droit, doux fort et brillant. /
Il avait la trempe / du / soldat chrétien. »

Pour vous rendre sur le site …

Le Monument à la mémoire de Gaston de Gironde se situe en bordure de la D81 en quittant Vivières pour prendre la direction de Montigny-Lengrain. Vous avez la possibilité de stationner votre véhicule juste devant le monument.

Le corps du lieutenant Gaston de Gironde repose dans le cimetière communal de Vivières.

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Cimetière militaire britannique « Guards Grave » dans la forêt de Retz (Villers-Cotterêts – 02 – Aisne)

Quelques photos du lieu …

A propos du cimetière « Guards’ Grave » …

Il s’agit en fait d’une grande tombe commune dans laquelle furent enterrés en septembre 1914, par des habitants de la région réquisitionnés par les Allemands, les corps des soldats britanniques tués lors des combats d’arrière-garde de la clairière du « Rond de la Reine », le 1er septembre 1914, alors que les troupes allemandes avançaient irrémédiablement en direction de Paris.

En novembre 1914, des soldats de l’Irish Guards revinrent sur les lieux des combats et aménagèrent le cimetière pour lui donner l’apparence approximativement similaire à celle qu’elle a encore de nos jours.

Le cimetière « Guards’ Grave » contient les corps de 98 soldats britanniques, la plupart enterrés dans la tombe commune, seuls 4 officiers et 1 soldat possèdent une sépulture individuelle. Vingt soldats n’ont pas pu être identifiés, tous les autres possèdent une pierre tombale en marbre portant leur nom.

Parmi les quatre officiers enterrés dans ce cimetière, il y a le sous-lieutenant Georges Edward Cecil dont la famille a fait élevé à sa mémoire un monument situé au virage suivant, à environ deux cent mètres plus au Nord sur la D81.


Alignement de stèles autour de la tombe commune au cimetière "Guards Grave" à Villers-Cotterêts
Alignement de stèles autour de la tombe commune au cimetière « Guards Grave » à Villers-Cotterêts – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Plaque sur la tombe commune au cimetière "Guards Grave" à Villers-Cotterêts
Plaque sur la tombe commune au cimetière « Guards Grave » à Villers-Cotterêts – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

A gauche en descendant les quelques marches de l’escalier à l’entrée du cimetière, on trouve les tombes individuelles de quatre officiers britanniques tués le 1er septembre 1914 :
– Sous-lieutenant G. E. Cecil (Grenadiers Guards), lieutenant Lambton (Coldstream Guards), major Tisdall (Irish Guards), lieutenant-colonel Morris (Irish Guards).

Jusqu’en 1922, ces quatre officiers étaient enterrés dans le cimetière communal de Villers-Cotterêts.


Tombes de quatre officiers au cimetière "Guards Grave" à Villers-Cotterêts
Les tombes des quatre officiers britannique au cimetière « Guards Grave » à Villers-Cotterêts – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Tombe de E. Lucitt tué le 14 septembre 1914
Sépulture individuelle de E. Lucitt des Irish Guards, tué le 14 septembre 1914 à l’âge de 30 ans – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sur le socle de la croix des sacrifices en pierre de taille, on peut lire l’inscription suivante :
Ici reposent / quatre-vingt / dix-huit / soldats / britanniques / tombés dans cette forêt / le 1er septembre / 1914″.

Sur le petit muret recouvert de silex qui entoure la fosse commune, on peut lire l’inscription suivante :
Le terrain de ce cimetière a été / concédé gratuitement par la nation / française comme lieu de sépulture / perpétuelle des héros des armées / alliées tombés pendant la Grande / Guerre de 1914-1918 et honorés ici ».


L'escalier qui mène à la croix des sacrifices du cimetière britannique de Villiers-Cotterêts
L’escalier en pierre de taille qui permet d’accéder au cimetière britannique de Villers-Cotterêts – (Photo © 2008 Eric Le Maître).

Sources …

Guards’ grave – Forêt de Retz – Villers-Cotterêts (www.picardie1418.com)

Cimetière militaire britannique « Guards’ Grave » – Villers-Cotterêts (horizon14-18.eu)

Pour vous rendre sur le site …

Le cimetière britannique « Guards Grave » se situe dans la forêt de Retz, sur la D81 entre Vivières et Villers-Cotterêts. Il n’y a pas de parking mais vous pouvez stationner sur le bas-côté de la route.

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Mémorial de la 3ème Division américaine (Château-Thierry – 02 – Aisne)

Quelques photos du lieu …

A propos du mémorial de la 3ème Division américaine …

Initialement place des Etats-Unis face à la M.A.F.A. (Maison de l’Amitié Franco Américaine), le mémorial de la 3ème division américaine est démoli en 1940. Les membres de l’association américaine de la 3ème division d’infanterie ont édifié ce nouveau monument, inauguré le 8 octobre 1961.

La 3ème division est créée en 1917 ; elle prend part aux combats de la seconde bataille de la Marne et contribue à la libération de Château-Thierry le 21 juillet 1918.

Grâce aux actions héroïques de ses soldats sur les champs de bataille, elle gagne ses titres de gloire – pour elle-même et pour la Force Expéditionnaire Américaine – et son nom « The Rock of the Marne » (Le Rocher de la Marne).

Elle combat pendant la seconde guerre mondiale en Afrique du Nord, en Italie, puis lors du débarquement en Provence ainsi qu’en France et en Allemagne.


Vue rapprochée des inscriptions du mémorial de la 3ème Division américaine à Château-Thierry
Vue rapprochée des inscriptions du mémorial de la 3ème Division américaine à Château-Thierry – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

Sur la partie gauche du mémorial de la 3ème division US, on peut lire :

Marne Division / To the heroic deeds / of the third infantry division United States army / World War I / Aux exploits héroïques / de la troisième division d’infanterie américaine / Première Guerre Mondiale ”.

Sur la partie centrale du mémorial de la 3ème division US, on peut lire :

IN MEMORIAM / 1917 – 1918 / 1942 – 1945 ”.

Sur la partie droite du mémorial de la 3ème division US, on peut lire :

Marne Division / To the heroic deeds / of the third infantry division United States army / World War II / Aux exploits héroïques / de la troisième division d’infanterie américaine / Seconde Guerre Mondiale ”.


Carte postale de l'ancien monument de la 3ème Division américaine à Château-Thierry
Carte postale montrant l’ancien monument de la 3ème Division américaine situé place des Etats-Unis à Château-Thierry et détruit en 1940 – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

L'avion devant le mémorial de la 3ème division américaine à Château-Thierry
Œuvre représentant un avion de la Grande Guerre située devant le mémorial de la 3ème division américaine à Château-Thierry – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

Pour vous rendre sur le site …

Le mémorial de la 3ème division américaine se situe place Jean Moulin (grand parking), en bordure de l’avenue Jules Lefebvre et juste en face du monument Jean Moulin. Parking gratuit.

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Plaque commémorative à la mémoire du 153ème régiment d’infanterie (Château-Thierry – 02 – Aisne)


La plaque et le pupitre à la mémoire du 153ème Régiment d'Infanterie
La plaque et le pupitre à la mémoire du 153ème Régiment d’Infanterie place de l’Hôtel de ville à Château-Thierry – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

A propos de la plaque commémorative …

En 1931, le conseil municipal approuve la pose d’une plaque commémorative des combats menés par les Français à Château-Thierry dont les troupes colonilaes du général Marchand, les troupes du général de Mondésir et le 153ème régiment d’infanterie du général Matter.

21 juillet 1918, 14 heures. Laconique et sobre, le communiqué annonce que « ce matin les troupes françaises sont entrées dans Château-Thierry ».
Les 146ème, 153ème et le 156ème régiment d’infanterie poursuivent toujours les Allemands en retraite. Extrait : Château-Thierry et ses environs dans la tourmente. Pierre Dremont.

Arrivé par la rue de la Mare Aubry, le 153ème RI contourne la ville par Courteau et Saint-Martin et rejoint les Chesneaux où il installe son poste de commandement.


Plaque à la mémoire des régiments coloniaux et du 153ème régiment d'infanterie
Château-Thierry – Plaque à la mémoire des régiments coloniaux et du 153ème régiment d’infanterie – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

Pupitre dédié à la plaque en mémoire du 153ème régiment d'infanterie
Château-Thierry – Pupitre dédié à la plaque en mémoire du 153ème régiment d’infanterie – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

Sur la plaque commémorative, on peut lire :

A LA GLOIRE / DES RÉGts COLONIAUX / DU GÉNÉRAL MARCHAND / QUI DÉFENDIRENT CHÂTEAU-THIERRY / FIN MAI – 1er JUIN 1918 / DES TROUPES DU GÉNÉRAL MONDÉSIR / PARTICULIÈREMENT / DU 153e RÉGIMENT D’INFANTERIE / QUI DÉLIVRÈRENT LA VILLE / 21 JUILLET 1918″.


Plaque reproduisant le décret conférant la Légion d'Honneur à la ville de Château-Thierry
Château-Thierry – Plaque commémorative reproduisant le décret conférant la Légion d’Honneur à la ville de Château-Thierry – (Photo © 2016 Eric Le Maître).

Sur la plaque commémorative, on peut lire :

DECRET conférant la Légion d’honneur / à la ville de Château-Thierry / LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE / Sur le rapport du ministre de la guerre et du ministre/ de l’intérieur, / DÉCRÈTE : / Art. 1er. La croix de chevalier de la Légion d’honneur est / conférée à la ville de Château-Thierry, pour le motif suivant : / « Vieille cité de l’Ile-de-France où, par deux fois, l’ennemi / crut atteindre le cœur de la patrie. / « Chef-lieu d’un arrondissement particulièrement ravagé / par les luttes héroïques où fut scellée dans le sang l’amitié / américaine. / « A payé de sa ruine les combats glorieux au cours desquels / les alliés brisèrent l’élan de l’ennemi et le contraignirent, / le 18 juillet 1918, à un recul définitif. Croix de guerre » / Fait à Rambouillet, le 17 juillet 1920 / Signé : P. DESCHANEL. ».

Cette plaque commémorative était auparavant apposée sur le côté gauche de la façade de l’Hôtel de ville.

Pour vous rendre sur le site …

La plaque commémorative à la mémoire du 153ème régiment d’infanterie se situe sur la place de l’Hôtel de ville, plus précisément entre le ciméma-théâtre et l’Hôtel de ville de Château-Thierry. Vous avez la possibilité de garer gratuitement votre véhicule sur plusieurs parking du centre ville ou aux abords de La Marne.